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L'Héraldique
par A. de Lavilléon
Animateur de la section Héraldique des A.V.R

Exposé du 5 avril 2011 en ouverture de la conférence de Philippe Dien, spécialiste d'Histoire et d'Héraldique.

Au Moyen Age, sur les champs de bataille, la reconnaissance de l'allié ou de l'ennemi sous son armure se faisait par des figures peintes ou gravées sur le bouclier.
Après les devises personnelles ou marques militaires, c'est au Xème siècle qu'apparaissent les véritables armoiries, révélées alors par les tournois, déjà très pratiqués en Allemagne ("Blasen"= sonner du cor) ; les armoiries y sont un signe d'identification ou de reconnaissance.
On y sonne de la trompe et on y présente ses preuves de noblesse ; le code héraldique n'est pas encore héréditaire.
Si la science du blason date de l'époque des Croisades (on établit des chartes et répertoires permettant de garantir l'authenticité des armoiries), c'est à l'occasion du sacre de Philippe Auguste que des fleurs de lys sont semées dans les différents ornements.' Héraldique obéit à des lois immuables, précises et complexes. Elle date de l'époque des croisades, le blason figurant alors sur l'écu ou bouclier des chevaliers et permettant ainsi de les reconnaître de loin et, par là, de les identifier sur un champ de bataille.

C'est le point de départ de l'art héraldique. Le blason deviendra ensuite la marque de toutes les classes sociales, corporations, communautés, villes, provinces..

.Louis XIV décidera de la création en 1696 de "l'Armorial Général", recensement des armoiries et de l'impôt d'enregistrement qui l'accompagnait. Quelque 120.000 armoiries seront alors enregistrées (cela coutait 200 livres de l'époque par famille soit une somme actuelle supérieure à 500 €)

La Révolution, qui ne voyait là - il s'agit d'une erreur - que la marque de la noblesse dans les armoiries, en décida l'abolition en 1790. Elles furent rétablies par Napoléon au bénéfice de la seule noblesse d'Empire.

On a répertorié pour l'Europe occidentale environ 1 million d'armoiries médiévales et l'on peut chiffrer à environ 10 millions le nombre d'armoiries européennes identifiées ou publiées, pour la période allant du XVIème siècle à la fin de l'Ancien Régime ! N'oublions pas non plus la période de l'Antiquité, ainsi que celle des Gaulois et des Romains

.L'écriture héraldique consiste en la lecture du blason dont les ornements forment les armoiries. On distinguera : les émaux, les métaux, les fourrures, les partitions et les meubles (voir feuilles ci-jointes). Une règle absolue : ne jamais faire figurer un émail sur un émail, un métal sur un métal, ou une couleur sur une autre couleur. On a attribué différents noms à chacune des parties du blason déterminées par le recoupement de 2 lignes horizontales et 2 verticales partageant ainsi l'écu en 9 portions.
Une règle absolue : ne jamais faire figurer un émail sur un émail, un métal sur un métal, ou une couleur sur une autre couleur.
On a attribué différents noms à chacune des parties du blason déterminées par le recoupement de 2 lignes horizontales et 2 verticales partageant ainsi l'écu en 9 portions.

LES EMAUX (5 couleurs) (les couleurs étaient peintes en émail sur les armes)

de Gueules
d'Azur
de Pourpre
de Sinople
de Sable

Au XIIème siècle, le code héraldique devient international. Complémentairement aux couleurs qui étaient destinées à être vues de loin, on a crée des hachures pour la représentation graphique en noir et blanc.
-Le rouge dont le blason est dit "de gueules". Il est le symbole du courage mais aussi de la valeur guerrière (traits verticaux).
-Le bleu dont le blason est dit "d'azur". Il est le symbole de la beauté mais également de la justice - rien n'est en effet plus élevé que la justice de Dieu - "l'azur" représentant le Ciel (traits horizontaux).
-Le violet dont le blason est dit "de pourpre". Il est le symbole de la puissance et symbolise aussi la Royauté dont les bannières pourpres étaient l'emblème (traits obliques de gauche à droite (lecture sur soi).
-Le vert dont le blason est dit "de sinople" (jeu de mots possible avec "si noble"). Il est le symbole de la liberté, de l'espérance et du renouveau (traits obliques de droite à gauche).
-Le noir dont le blason est dit "de sable". Il est le symbole de la modestie et de la constance dans les épreuves (traits verticaux et horizontaux)

.LES METAUX (2 couleurs).

Le jaune
blanc ou argent

-Le jaune ou or correspond au soleil et symbolise la richesse (pointillés).
-Le blanc ou argent correspond à la lune et signifie l'innocence (émail vierge).

LES FOURRURES HERALDIQUES.

Hermine
Contre hermine
Le vair
Contre vair


C'est la combinaison de deux émaux rappelant les combattants du XIIème siècle dont les boucliers étaient recouverts de fourrure. On trouve:
-L'hermine, fourrure typique du costume moyenâgeux, de couleur blanche mouchetée de noir. Elle est représentée dans le blason par un champ d'argent semée de mouchetures de sable. Si le champ est de sable et les mouchetures d'argent, cela devient une "contre hermine".
-Le vair est la fourrure de l'écureuil de Russie (petit gris) dont on se servait pour doubler les vêtements. Cette fourrure est de couleur blanche et bleue sur de petites cloches polygonales. Si les clochettes sont disposées sommet contre sommet, cela s'appelle alors "contre vair". Là encore, jamais une fourrure ne doit figurer sur une autre fourrure.

Au XIIème siècle, il fallait des images fortes. C'est une période pleine de mystères et de magie (pour exemple, le patronyme de "Lusignan" proviendrait de "Lesignem", anagramme de Mélusine). N'oublions pas que nous raisonnons en personnes du XXIème siècle.

LES PARTITIONS ET PIECES HONORABLES


Ce sont les traits qui partagent l'écu. Le blason est dit "simple" si son émail n'est pas divisé, et "composé" si son émail est divisé.par un trait vertical, horizontal ou diagonal (ou une combinaison de ces traits).

LES FIGURES OU MEUBLES ET ARMES PARLANTES

Ce sont tous ces motifs que l'on va trouver ou charger sur l'écu (lequel porte les armoiries et qui est finalement le bouclier de l'homme d'armes). Cet écu peut être de différentes formes selon les périodes et les pays. Le cimier est l'ornement qui surmonte le heaume ou le casque. Le timbre est un casque ou une couronne qui surmonte l'écu Au sein d'une même famille, on pouvait "briser " le blason c'est à dire ajouter ou retrancher des motifs sur un blason, façon de mieux se reconnaître sur un champ de bataille. Chaque blason de famille devient une propriété régulière et transmissible.

AUJOURD'HUI

L'usage des armoiries est aujourd'hui entièrement libre. Chacun peut en avoir, en porter et créer son blason, à la condition expresse de ne pas usurper, ni de s'emparer de celui d'autrui, principe en vigueur au Moyen Age et qui a encore cours aujourd'hui. Nous adressons tous nos remerciements à Philippe Dien pour ses conseils avisés en la matière.

Alain de Lavilléon.



 




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